Pourquoi j’emploie le mot « maïeutique »


La Maïeutique Socratique englobe un domaine beaucoup plus vaste, mais je n’en ai retenu que ce qui a un rapport direct avec mon travail.

J’ai emprunté ce terme à Socrate (sa mère était maïeuticienne: sage-femme), dans le sens de faire «accoucher les esprits , et destiné à faire exprimer un savoir caché en soi. La Maïeutique est appliquée aux personnes qui ignorent qu’elles savent. »

Il dit aussi de ses disciples « qu’ils ont eux-mêmes trouvé en eux et enfanté beaucoup de belles choses. Mais s’ils en ont accouché, c’est grâce au Dieu et à (lui). »

Tout se passe comme si certains savoirs logent dans nos esprits: nous avons contemplé la vérité et il suffit de nous en ressouvenir.

Mon travail personnel de thérapeute est très proche de ce que Michel Foucault, en 1978 se rappelle de la leçon socratique « il y a longtemps qu’on sait que le rôle de la philosophie n’est pas de découvrir ce qui est caché, mais de rendre lisible ce qui précisément est visible, c’est-à-dire de faire apparaître ce qui est si proche, ce qui est si immédiat, ce qui est si intimement lié à nous-même que nous ne le percevons pas. »

On pourrait encore dire : s’ouvrir à une vision par le « noùs », dimension souvent oubliée. Le « noùs » est l’imaginaire créatif, la fine pointe de l’âme, c’est l’ « Imaginal » dont parle avec précision Henry Corbin.

Ce travail offre un part importante à l’intuition, celle dont parle Thérèse d’Avila : « Connaissance simple et directe de la vérité, du vrai. »

Comme Paul Klee, je pourrais dire:
« l’art ne rend pas le visible, il le rend visible »